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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 13:30

   Saphia Azzedine était l’invité d’On est pas couché du 14 mars 2015 pour son nouveau roman qui met encore en scène une jeune musulmane, habitant dans un pays musulman,  opprimée par les hommes à cause de leur interprétation erronée du Coran. En effet, comme pour son premier roman, Confidences à Allah, sa thèse est que l’Islam est mal compris par les hommes et que, malheureusement, c’est eux qui ont le monopole de la religion et de l’interprétation des Ecrits Saints.

 

   Dès le début de l’interview, elle dit s’être inspirée du viol d’une jeune Indienne pour dresser le portrait de ces « femmes musulmanes opprimées » qui composent ces romans. Ce qu’il faut savoir c’est que ces nombreux viols commis en Inde sont des viols de Musulmanes par des Hindous. Aussi, elle cite Sharbat Gula, cette jeune Afghane aux yeux verts célèbre dans le monde entier pour avoir fait la couverture de National Geographic en 1984, qui est pourtant l’antithèse de son héroïne (la bergère marocaine qui deviendra prostituée). Cette orpheline afghane, qui a été retrouvée 17 ans plus tard par le journaliste qui l’avait photographiée, est devenue mère de trois enfants. Elle lui a affirmé que la burqa « est un merveilleux aspect de sa vie », que « les talibans avaient apporté une sorte de paix dans un pays sans loi »  et que les « bombardements américains l’ont rendu amère. » [1] De plus, « en dépit de son dénuement, elle ne réclame aucun argent au photographe. Mais ce dernier et National Geographic lui offrent de quoi se payer un pèlerinage à La Mecque, des soins médicaux, ainsi qu’une machine à coudre pour sa fille. Depuis, plus de nouvelles… jusqu’à ces accusations des autorités pakistanaises. » [2]

   Ensuite, lorsqu’on lui demande quelle est la cause que défend son héroïne qui déteste autant le régime des mollahs que le régime occidental, Saphia Azzeddine répond : « Sa cause c’est de se réapproprier Allah. Elle estime que les mollahs et ceux qui la condamnent ont volé son Dieu. Et, elle se réapproprie Dieu à sa manière parce qu’elle estime que l’Islam est une religion laïque dans le texte. Il y a une phrase dans le Coran que je retiens souvent c’est : « nulle contrainte en matière de religion. »  Ça veut bien dire qu’on fait sa religion à soi. Le prophète avait dit : « lisez le Coran comme s’il vous avait été personnellement révélé. » Chaque oreille est différente ; vous n’entendez pas la même chose vous, moi et vous. Donc, c’est bien pour ça que l’Islam en soi est laïque. »  

   En l'espace de quelques phrases, on aura entendu les pires inepties sortir de la bouche de Saphia Azzeddine qui nous prouve son incompréhension de ce qu'est la religion et en particulier de l'Islam. L'oxymore « religion laïque » n'est pas une figure de style de l'écrivaine, mais une ineptie de plus qui démontre sa bêtise profonde. Elle cite ici un verset du Coran : « Nulle contrainte en religion. » (Coran 2:256) La signification de ce verset est que la foi ne peut être fondée sur la contrainte mais uniquement sur le libre choix. Ce verset explique le fait que des Chrétiens et des Juifs ont vécu dans le monde arabo-musulman pendant des siècles sans être inquiétés ni contraints à se convertir à l’Islam.

 

   De par son intelligence sournoise et à force d’écrire des romans mettant en scène « des femmes musulmanes opprimées », Saphia Azzeddine a perfectionné son discours afin d'anticiper les différentes critiques qui pourront lui être adressée comme celle d’être aveuglée par sa vision occidentale du monde et vouloir l’imposer a des femmes qui ne la partagent pas comme Sharbat Gula. En effet, dans son roman, son héroïne rejette autant le paradigme islamique que le paradigme occidental, et elle précise qu’il n’y a pas que des femmes opprimées par le fanatisme islamique, il y a aussi des hommes. Ces deux points qu’elle avance lui permettent ainsi de gagner en crédibilité.

   Ce qu’il faut comprendre c’est qu’elle ne peut saisir ce qu’est véritablement l’Islam car elle le réduit à une culture dont elle est issue, et qui lui offre une légitimité médiatique pour en parler dans ses livres et sur les plateaux de télévisions. De plus, elle fait comme si elle était elle-même croyante, ce qui lui donne une crédibilité pour déblatérer n’importe quoi et dire ce que doit être l’Islam. Ainsi, elle réduit la religion à son aspect culturel sans comprendre que l’Islam est avant tout une spiritualité (soit dit en passant de nombreux Musulmans se trouvent dans cette même situation en France). Mais c’est aussi cette réduction de la religion à une culture qui lui permet de faire ces différentes critiques d’ordre féministe en balayant d’un revers de main ce qui a été écrit par les savants de l’Islam. Elle choisit donc, pour appuyer sa thèse, des personnages ambivalents tels que l’héroïne de son premier roman, une bergère marocaine qui devient prostituée puis finit par se marier à un imam après un passage en prison. D’ailleurs, Zemmour a aimé son premier roman tout en pensant qu’elle n’est pas allée assez loin. Ainsi, comment peut-elle émettre une critique sur ce qu’est l’Islam avec des personnages aussi ambivalents qui ont un pied en religion et un autre dans la dégénérescence occidentale ? Par exemple, l’héroïne de son premier roman dit en s’adressant à Dieu : « Est-ce qu’on peut échapper à son destin ? Est-ce qu’une fille comme moi avait un destin d’ailleurs ? » On comprend ici sa totale incompréhension : si on croit en Dieu, on croit au destin, et par définition, on ne peut échapper à son destin ; et si son héroïne veut échapper à sa condition sociale, elle n’irait pas se prostituer alors même qu’elle est croyante. De toute manière, la notion de destin est quelque chose d’assez compliquée, qu’elle est loin d’avoir saisi, tout comme d’autres telles que l’âme, l’esprit ou le libre-arbitre qui sont traités par les savants musulmans. Tout lecteur attentif pourra en conclure que c’est souvent du haut niveau même d’un point de vue purement philosophique. De plus, il n'y a pas de fatalisme en Islam car il n'y a pas contradiction entre prédestination et libre-arbitre. Son but est de faire passer l’Islam pour une religion d’incultes, alors que c’est une idiote finie qui ne connait rien à la religion et n’a aucune connaissance, même de base, en philosophie.

 

   Maintenant, qui est Saphia Azzeddine et que représente-t-elle face à des penseurs et écrivains occidentaux qui ont parlé du prophète Muhammad (pbsl), Lamartine et Goethe entre autres [3] ?

 

  Alphonse de Lamartine, Histoire de la Turquie, Tome I, 276-80 (1854) :

 

« Jamais homme ne se proposa volontairement ou involontairement un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.

« Jamais homme n’entreprit, avec si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autre instrument que lui-même, et d’autres auxiliaires qu’une poignée de barbares dans un coin du désert.

« Enfin jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde puisque, moins de deux siècles –(à lire moins de deux décades)- après sa prédication l’islamisme prêché et armé régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’unité de Dieu la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde Occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs des îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet – (à lire Mouhammad) ?

Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes il a fondé sur un Livre –(à lire il a reçu la révélation d’un Livre)- dont chaque lettre est devenue loi une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des taux dieux, et la passion du Dieu un et immatériel. Ce patriotisme, vengeur des profanations du ciel, fut la vertu des enfants de Mahomet -(à lire Mouhammad)- ; la conquête du tiers de la terre à son dogme -(à lire le dogme du Seigneur)- fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison. L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en faisant explosion sur ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde.

« Cet homme, était-il un imposteur ? Nous ne le pensons pas après avoir bien étudié son histoire. L’imposture est l’hypocrisie de la conviction. L’hypocrisie n’a pas la puissance de ta conviction comme le mensonge n’a jamais la puissance de la vérité. 

« Si la force de projection est en mécanique la mesure exacte de la force d’impulsion, l’action est de même en histoire la mesure de la force d’inspiration. Une pensée qui porte si haut, si loin, et si longtemps, est une pensée bien forte ; pour être si forte, il faut qu’elle ait été bien sincère et bien convaincue...

« Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze –(à lire treize)- ans à La Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent, plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double : l’unité de Dieu et l’immatérialité de Dieu ; l’un disait ce que Dieu est, l’autre disait ce qu’Il n’est pas, l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée !

« Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur des dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet ! -(à lire Mouhammad)-.

« A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand? »

 

 

    Goethe et l'Islam [4] :

« Im Islam leben wir alle , unter welcher Form wir uns auch muth machen (Goethe à chopenhauer 19/IX/1831)
« De quelque façon que nous voulions nous donner du courage, nous vivons tous en islam »

 

Cette phrase est surprenante et l’on trouve d’autres dires semblables chez Goethe :

Lettre à J.H. Meyer : « Il nous faut persister en islam » (29/VII/1816)

A Willemer : « Tôt ou tard nous devrons professer un islam raisonnable. »(15/VI/1817) Le 20/IX /1820

Il dit à Zelter : « C’est dans l’islam que je trouve le mieux exprimées mes idées ».

La traduction de son livre utilisée pour ce passage des Conversations de Goethe avec Eckermann est celle de Jean Chuzeville, Gallimard, 1988. NdT 

« Vous devriez, dit Goethe, avoir étudié comme moi depuis cinquante ans l’histoire de l’Église pour comprendre comme tout cela se tient. Par contre, il est extrêmement curieux de voir avec quelles doctrines les mahométans* commencent leur éducation. Ils inculquent tout d’abord à leurs jeunes gens comme base de la religion la conviction, que rien ne peut arriver à l’homme qui ne lui soit déjà depuis longtemps prédestiné par une puissance divine, régulatrice de toutes choses, et les voilà cuirassés pour la vie ; ils sont tranquilles et n’ont presque plus besoin d’autre chose.

Je ne veux pas examiner pour l’instant ce qu’il peut y avoir de vrai, de faux, d’utile ou de nuisible dans la doctrine ; mais, au fond, il y a en nous tous un peu de cette croyance, bien qu’elle ne nous ait pas été enseignée. « La balle sur laquelle mon nom n’est pas inscrit ne saurait m’atteindre », dit le soldat dans la bataille. Et, sans cette assurance, comment conserverait-il son courage et sa sérénité au milieu des dangers les plus urgents ? L’enseignement de la foi chrétienne : « Pas un passereau ne tombe du toit sans la volonté de mon Père », n’a point d’autre origine. Il se réfère à une Providence, attentive aux choses les plus minimes et sans la volonté et le consentement de laquelle rien ne peut arriver. »
*Goethe entend par-là les Musulmans.

 

Il a également dit :

« Nous les Européens avec tous nos concepts n’avons pas pu encore atteindre ce que Mohammed a atteint et nul ne pourra le dépasser. J’ai cherché dans l’histoire de l’humanité un homme qui en soit l’exemple idéal et je l’ai trouvé en la personne du Prophète Mohammed. Et ainsi doit se révéler la vérité et s’élever comme a réussi Mohammed à assujettir le monde entier par le monothéisme ».

 

 

   Michael H. Hart, historien, l’auteur de Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire :

 

« Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire est un best-seller écrit par Michael H. Hart sorti en 1978 - réédité en 1992 après quelques révisions - relatant ou plutôt classant dans un ordre décroissant les 100 personnalités les plus influentes selon l'auteur.

Ce livre a été sujet à controverse et a provoqué pas mal de remous, dans le milieu littéraire et partout ailleurs, du fait que l'auteur ait choisi le prophète Mahomet comme la personnalité la plus influente dans l'histoire de l'humanité.

Le choix de l'auteur est justifié par le fait que le prophète de l'Islam ait réussi à la fois sur le plan religieux et laïque:

« My choice of Muhammad to lead the list of the world's most influential persons may surprise some readers and may be questioned by others, but he was the only man in history who was supremely successful on both the religious and secular level. »

Traduction :

« Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Mahomet en tête des personnalités ayant exercé le plus d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Mahomet est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les plans religieux et séculier. »

(wikipédia, art. Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire)

 

 

   Ainsi, pour Saphia Azzeddine, la femme occidentale ne subit pas une image dégradante par la publicité et la pornographie, et par la tyrannie de la beauté et de la jeunesse à tout prix ; c’est la femme musulmane voilée qui vit sous oppression, parce qu’elle ne peut pas s’afficher en décolleté comme elle sur les plateaux de télévision. Ainsi, son travail consiste à sélectionner quelques faits divers par-ci par-là dans le but de dénigrer les Musulmans et l’Islam. Mais les hommes peuvent être si pervers et le monde ainsi fait qu’on peut y trouver toutes sortes de dégueulasseries; en Afghanistan par exemple, le pays où se déroule le récit de son dernier roman. Le documentaire La dance des garçons afghans, diffusé en 2010, débute en nous expliquant que : « La résurgence d’une vieille tradition bannie par les Talibans et qui consiste à exploiter de jeunes garçons. D’anciens chefs de guerre et de puissants hommes d’affaires ont remis au goût du jour ce qu’on appelle ici le bacha bazi, littéralement le jeu avec des garçons. »

   Ainsi, depuis l’invasion de l’Afghanistan par les Américains en 2002, non seulement ce pays a vu resurgir les champs de pavot mais également la pédophilie. Car, contrairement à ce qu’affirme Aymeric Chauprade, les Talibans ont démantelé les champs de pavot. L’ancien chef de guerre afghan interviewé dans ce documentaire, qui est un acteur principal du bacha bazi, parle de djihad contre les Russes, fait la prière et se rend même à la mosquée tous les vendredis.

   Que faut-il en conclure pour Saphia Azzeddine ? Que les Musulmans sont des pédophiles ?!

 

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commentaires

T
L'invasion américaine de l'Afghanistan c'est octobre 2001, pas 2002, juste après les attentats du 11 septembre, et les talibans se sont toujours financés avec le pavot, avant comme aujourd'hui, même si ils avaient fait un geste avant 2001, pour calmer les européens et les américains.
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Z
http://oumma.com/9760/alain-chouet-DGSE-drogue-afghanistan-americain
T
J'ai plus de TV.
Répondre
Z
Mais moi non plus.