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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 17:52

  Nous allons voir ici les contradictions de ce lanceur d'alertes Martin de MoneyMakerEdge. Cette personne nous parle de l'effondrement économique et financier à venir et dénonce la spéculation aveugle et grégaire qu'on peut assimiler à la folie du jeu. Mais que nous propose-t-il à la place ? Encore et toujours de la spéculation ! Voilà l'aveuglement des gens de notre époque : malgré qu'il soit convaincu que le système actuel court à sa perte, il reste confiné dans ce paradigme moderne et le vocabulaire employé en témoigne. En effet, le système va s'effondrer, mais tout ce qui lui importe est comment continuer à spéculer. Il n'a que le mot trading à la bouche.

   Il n'hésite pas à prendre position contre sa monnaie nationale, le dollar canadien qui connait actuellement une baisse, pour acheter du dollar US, tout en affirmant que contrairement au troupeau, lui c'est un malin et qu'il va donc se retirer au bon moment. Il participe donc directement à l'effondrement de l'économie de son propre pays et de l'économie mondiale en jouant le jeu du système par la virtualisation et le gain à court terme.

   De plus, au début de la vidéo, lorsqu'il dit que malgré que la BCE a décidé de faire marcher la planche à billets, les cours boursiers européens n'ont pas augmenté, contrairement à ce qui s'était produit aux Etats-Unis en 2009 lorsque la FED avait lancé son premier quantitative easing; c'est là qu'il nous prend pour des imbéciles. La bourse ce n'est qu'une question de confiance ou plutôt de tromperie et de manipulation afin d'orienter et mettre en confiance le troupeau. Tant que les gens achèteront du dollar US, cette monnaie de singe, les cours américains augmenteront. Et c'est exactement ce qu'il fait actuellement et le préconise à ses clients, tout en se croyant plus intelligent que le troupeau. En effet, avec tout ce qui se passe en Europe, même le troupeau n'en veut pas de l'euro malgré cet assouplissement quantitatif, donc les cours ne risquent pas d'augmenter.

 

   Ce qu'on peut en tirer de sa vidéo et que l'on sait déjà, c'est qu'il faut délaisser les valeurs virtuelles (actions, obligations, monnaie scripturale ou plutôt électronique et monnaie fiduciaire) et revenir au réel en achetant de l'or et de l'argent physique. Mais il y a quelque chose que je ne comprend vraiment pas dans son discours : si l'on sait que tout va s'écrouler, le mieux serait de retirer tout son argent des banques pour acheter de l'or et de l'argent, toutes sortes de choses utiles et biens palpables, et surtout ne plus prendre position sur les marchés. Car, dans le pire des cas, au moment fatidique, il vaudra mieux avoir des billets de banque même si la valeur de la monnaie s'effondre, qu'avoir des actions ou obligations, richesses peu liquides et qui surtout ne valeront plus rien. 

   Son constat sur l'économie mondiale est juste, mais ses solutions ne le sont pas. En faisant du pathos sur les évènements qui secouent la planète, il se porte en bienfaiteur de l'humanité avec son organisation MoneyMakerEdge, mais quel est son intérêt là-dedans si ce n'est celui de faire des profits.

   Ce qui le trahit c'est son jargon sorti des facultés d'économie et des grandes écoles, et les outils statistiques qu'il emploie à travers ses graphiques en nous déballant sa science, qui est loin d'être exacte, afin de nous convaincre qu'il sait de quoi il parle. Ce qu'il faut savoir c'est que ces outils statistiques, les séries temporelles, sont des calculs basés sur les valeurs passées d'une variable. En gros, si le cours d'une action a augmenté pendant 10 ans, ils vont en conclurent que la 11ème année sera également une année de hausse. Il faut aussi parler de cette célèbre loi de Gauss appliquée à la finance, sur laquelle tant de financiers se sont appuyés ses 50 dernières années, croyant pouvoir prévoir les évènements futures, alors même que cette loi sous-estime la probabilité de réalisation d'événements extrèmes telles que les crises. Et on sait de quelle manière ces financiers apprentis sorciers ne jurent que par les statistiques et autres mathématiques financières. D'ailleurs, ne serait-ce pas le célèbre économiste et statisticien Irving Fisher qui, quelques jours seulement avant le jeudi noir du 24 octobre 1929, déclarait que : « le prix des actions ont atteint ce qui apparaît être un haut plateau permanent ». On connait la suite des événements : le jeudi 24 octobre les cours boursiers ont baissé de 25 points (ce jour-là, 13 millions de titres sont proposés à la vente face à une demande quasiment nulle), le lundi 28 octobre de 50 points, la catastrophe touche à son comble le mardi noir du 29 octobre 1929 avec une chute des cours de 40 points (16 millions de titres sont proposés à la vente), et la baisse se poursuivra jusqu'en 1933 avec toutes les conséquences dramatiques sur la vie de millions de familles à travers le monde, tout cela à cause de la spéculation et de l'appât du gain à court terme.

   Bien-sûr, tout cela n'est pas arrivé par hasard. Les banquiers internationaux, les initiés, ont fomenté cette crise pour racheter l'économie américaine pour une bouchée de pain, mais il faut tout de même souligner qu'ils ne font que jouer sur notre crédulité, notre bêtise, et nos bas instincts. La preuve en est que les Etats-Unis, à cette époque, comptaient une multitude de banques et établissements de crédit, de firmes industrielles et d'exploitations agricoles. En somme, une véritable économie libérale. Entre 1929 et 1931, on enregistre plus de 4000 faillites bancaires, la chute des produits agricoles (plus de 50% de 1929 à 1932) oblige un grand nombre de fermiers à vendre leur exploitation, et pour les entreprises industrielles, la raréfaction du crédit suite aux difficultés bancaires et la contraction des débouchés provoquent l'arrêt brutale des investissements malgré la baisse des taux d'intérêt. L'investissement brut totale du secteur privé passe de 15,8 milliards de dollars en 1929 (15% du PNB) à 0,9 mlliard en 1932 (1,5% du PNB). Pour écouler leur production, les industriels sont contraints de baisser les prix, faisant entrer l'économie américaine en déflation. S'en suit une hausse du taux de chômage qui atteint 25% de la population active en 1933. Les soupes populaires et les marches de la faim apparaissent. Suite à la dépression de 1929, l'économie américaine connait une concentration du secteur bancaire, industriel et agro-alimentaire. Ainsi,  les banquiers internationaux sont devenus les maîtres incontestés des Etats-Unis d'Amérique.

 

   Pour en revenir à ces lanceurs d'alertes, cela me rappelle un peu Jovanovic qui tout en disant des vérités sur le système financier international, propage des idées islamophobes et prétend être un chrétien fervent alors même qu'il va réciter le kaddish à la synagogue. D'autant plus qu'il a été journaliste au Quotidien de Paris, journal dont le fondateur, propriétaire et rédacteur en chef n'était autre que le très islamophobe Philippe Tesson. 

   Ces individus sont pleins de contradictions. Il n'y a pas pire menteur et hypocrite que celui qui mèle vérité et mensonge. 

 

   Pour finir le prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah soit sur lui) a explicitement interdit le contrôle des prix : « C'est Dieu qui fixe les prix, retient et étend et c'est lui le Pourvoyeur ... ». Donc, les Smith, Ricardo et autres libéraux n'ont rien inventé. En effet, la libre concurrence est préconisée en Islam car elle permet une juste répartition des richesses et des biens, couplée à l'étalon-or qui évite les possibilités de manipulation de la monnaie, cela donne une économie saine et juste.

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