Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 13:30

   Saphia Azzedine était l’invité d’On est pas couché du 14 mars 2015 pour son nouveau roman qui met encore en scène une jeune musulmane, habitant dans un pays musulman,  opprimée par les hommes à cause de leur interprétation erronée du Coran. En effet, comme pour son premier roman, Confidences à Allah, sa thèse est que l’Islam est mal compris par les hommes et que, malheureusement, c’est eux qui ont le monopole de la religion et de l’interprétation des Ecrits Saints.

 

   Dès le début de l’interview, elle dit s’être inspirée du viol d’une jeune Indienne pour dresser le portrait de ces « femmes musulmanes opprimées » qui composent ces romans. Ce qu’il faut savoir c’est que ces nombreux viols commis en Inde sont des viols de Musulmanes par des Hindous. Aussi, elle cite Sharbat Gula, cette jeune Afghane aux yeux verts célèbre dans le monde entier pour avoir fait la couverture de National Geographic en 1984, qui est pourtant l’antithèse de son héroïne (la bergère marocaine qui deviendra prostituée). Cette orpheline afghane, qui a été retrouvée 17 ans plus tard par le journaliste qui l’avait photographiée, est devenue mère de trois enfants. Elle lui a affirmé que la burqa « est un merveilleux aspect de sa vie », que « les talibans avaient apporté une sorte de paix dans un pays sans loi »  et que les « bombardements américains l’ont rendu amère. » [1] De plus, « en dépit de son dénuement, elle ne réclame aucun argent au photographe. Mais ce dernier et National Geographic lui offrent de quoi se payer un pèlerinage à La Mecque, des soins médicaux, ainsi qu’une machine à coudre pour sa fille. Depuis, plus de nouvelles… jusqu’à ces accusations des autorités pakistanaises. » [2]

   Ensuite, lorsqu’on lui demande quelle est la cause que défend son héroïne qui déteste autant le régime des mollahs que le régime occidental, Saphia Azzeddine répond : « Sa cause c’est de se réapproprier Allah. Elle estime que les mollahs et ceux qui la condamnent ont volé son Dieu. Et, elle se réapproprie Dieu à sa manière parce qu’elle estime que l’Islam est une religion laïque dans le texte. Il y a une phrase dans le Coran que je retiens souvent c’est : « nulle contrainte en matière de religion. »  Ça veut bien dire qu’on fait sa religion à soi. Le prophète avait dit : « lisez le Coran comme s’il vous avait été personnellement révélé. » Chaque oreille est différente ; vous n’entendez pas la même chose vous, moi et vous. Donc, c’est bien pour ça que l’Islam en soi est laïque. »  

   En l'espace de quelques phrases, on aura entendu les pires inepties sortir de la bouche de Saphia Azzeddine qui nous prouve son incompréhension de ce qu'est la religion et en particulier de l'Islam. L'oxymore « religion laïque » n'est pas une figure de style de l'écrivaine, mais une ineptie de plus qui démontre sa bêtise profonde. Elle cite ici un verset du Coran : « Nulle contrainte en religion. » (Coran 2:256) La signification de ce verset est que la foi ne peut être fondée sur la contrainte mais uniquement sur le libre choix. Ce verset explique le fait que des Chrétiens et des Juifs ont vécu dans le monde arabo-musulman pendant des siècles sans être inquiétés ni contraints à se convertir à l’Islam.

 

   De par son intelligence sournoise et à force d’écrire des romans mettant en scène « des femmes musulmanes opprimées », Saphia Azzeddine a perfectionné son discours afin d'anticiper les différentes critiques qui pourront lui être adressée comme celle d’être aveuglée par sa vision occidentale du monde et vouloir l’imposer a des femmes qui ne la partagent pas comme Sharbat Gula. En effet, dans son roman, son héroïne rejette autant le paradigme islamique que le paradigme occidental, et elle précise qu’il n’y a pas que des femmes opprimées par le fanatisme islamique, il y a aussi des hommes. Ces deux points qu’elle avance lui permettent ainsi de gagner en crédibilité.

   Ce qu’il faut comprendre c’est qu’elle ne peut saisir ce qu’est véritablement l’Islam car elle le réduit à une culture dont elle est issue, et qui lui offre une légitimité médiatique pour en parler dans ses livres et sur les plateaux de télévisions. De plus, elle fait comme si elle était elle-même croyante, ce qui lui donne une crédibilité pour déblatérer n’importe quoi et dire ce que doit être l’Islam. Ainsi, elle réduit la religion à son aspect culturel sans comprendre que l’Islam est avant tout une spiritualité (soit dit en passant de nombreux Musulmans se trouvent dans cette même situation en France). Mais c’est aussi cette réduction de la religion à une culture qui lui permet de faire ces différentes critiques d’ordre féministe en balayant d’un revers de main ce qui a été écrit par les savants de l’Islam. Elle choisit donc, pour appuyer sa thèse, des personnages ambivalents tels que l’héroïne de son premier roman, une bergère marocaine qui devient prostituée puis finit par se marier à un imam après un passage en prison. D’ailleurs, Zemmour a aimé son premier roman tout en pensant qu’elle n’est pas allée assez loin. Ainsi, comment peut-elle émettre une critique sur ce qu’est l’Islam avec des personnages aussi ambivalents qui ont un pied en religion et un autre dans la dégénérescence occidentale ? Par exemple, l’héroïne de son premier roman dit en s’adressant à Dieu : « Est-ce qu’on peut échapper à son destin ? Est-ce qu’une fille comme moi avait un destin d’ailleurs ? » On comprend ici sa totale incompréhension : si on croit en Dieu, on croit au destin, et par définition, on ne peut échapper à son destin ; et si son héroïne veut échapper à sa condition sociale, elle n’irait pas se prostituer alors même qu’elle est croyante. De toute manière, la notion de destin est quelque chose d’assez compliquée, qu’elle est loin d’avoir saisi, tout comme d’autres telles que l’âme, l’esprit ou le libre-arbitre qui sont traités par les savants musulmans. Tout lecteur attentif pourra en conclure que c’est souvent du haut niveau même d’un point de vue purement philosophique. De plus, il n'y a pas de fatalisme en Islam car il n'y a pas contradiction entre prédestination et libre-arbitre. Son but est de faire passer l’Islam pour une religion d’incultes, alors que c’est une idiote finie qui ne connait rien à la religion et n’a aucune connaissance, même de base, en philosophie.

 

   Maintenant, qui est Saphia Azzeddine et que représente-t-elle face à des penseurs et écrivains occidentaux qui ont parlé du prophète Muhammad (pbsl), Lamartine et Goethe entre autres [3] ?

 

  Alphonse de Lamartine, Histoire de la Turquie, Tome I, 276-80 (1854) :

 

« Jamais homme ne se proposa volontairement ou involontairement un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie.

« Jamais homme n’entreprit, avec si faibles moyens, une œuvre si démesurée aux forces humaines, puisqu’il n’a eu, dans la conception et dans l’exécution d’un si grand dessein, d’autre instrument que lui-même, et d’autres auxiliaires qu’une poignée de barbares dans un coin du désert.

« Enfin jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable révolution dans le monde puisque, moins de deux siècles –(à lire moins de deux décades)- après sa prédication l’islamisme prêché et armé régnait sur les trois Arabies, conquérait à l’unité de Dieu la Perse, le Khorasan, la Transoxiane, l’Inde Occidentale, la Syrie, l’Egypte, l’Ethiopie, tout le continent connu de l’Afrique septentrionale, plusieurs des îles de la Méditerranée, l’Espagne et une partie de la Gaule.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet – (à lire Mouhammad) ?

Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux. Celui-là a remué des armées, des législations, des empires, des peuples, des dynasties, des millions d’hommes sur un tiers du globe habité ; mais il a remué de plus des autels, des dieux, des religions, des idées, des croyances, des âmes il a fondé sur un Livre –(à lire il a reçu la révélation d’un Livre)- dont chaque lettre est devenue loi une nationalité spirituelle qui englobe des peuples de toute langue et de toute race, et il a imprimé, pour caractère indélébile de cette nationalité musulmane, la haine des taux dieux, et la passion du Dieu un et immatériel. Ce patriotisme, vengeur des profanations du ciel, fut la vertu des enfants de Mahomet -(à lire Mouhammad)- ; la conquête du tiers de la terre à son dogme -(à lire le dogme du Seigneur)- fut son miracle, ou plutôt ce ne fut pas le miracle d’un homme, ce fut celui de la raison. L’idée de l’unité de Dieu, proclamée dans la lassitude des théogonies fabuleuses, avait en elle-même une telle vertu, qu’en faisant explosion sur ses lèvres elle incendia tous les vieux temples des idoles et alluma de ses lueurs un tiers du monde.

« Cet homme, était-il un imposteur ? Nous ne le pensons pas après avoir bien étudié son histoire. L’imposture est l’hypocrisie de la conviction. L’hypocrisie n’a pas la puissance de ta conviction comme le mensonge n’a jamais la puissance de la vérité. 

« Si la force de projection est en mécanique la mesure exacte de la force d’impulsion, l’action est de même en histoire la mesure de la force d’inspiration. Une pensée qui porte si haut, si loin, et si longtemps, est une pensée bien forte ; pour être si forte, il faut qu’elle ait été bien sincère et bien convaincue...

« Mais sa vie, son recueillement, ses blasphèmes héroïques contre les superstitions de son pays, son audace à affronter les fureurs des idolâtres, sa constance à les supporter quinze –(à lire treize)- ans à La Mecque, son acceptation du rôle de scandale public et presque de victime parmi ses compatriotes, sa fuite enfin, sa prédication incessante, ses guerres inégales, sa confiance dans les succès, sa sécurité surhumaine dans les revers, sa longanimité dans la victoire, son ambition toute d’idée, nullement d’empire, sa prière sans fin, sa conversation mystique avec Dieu, sa mort et son triomphe après le tombeau attestent, plus qu’une imposture, une conviction. Ce fut cette conviction qui lui donna la puissance de restaurer un dogme. Ce dogme était double : l’unité de Dieu et l’immatérialité de Dieu ; l’un disait ce que Dieu est, l’autre disait ce qu’Il n’est pas, l’un renversant avec le sabre des dieux mensongers, l’autre inaugurant avec la parole une idée !

« Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur des dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet ! -(à lire Mouhammad)-.

« A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand? »

 

 

    Goethe et l'Islam [4] :

« Im Islam leben wir alle , unter welcher Form wir uns auch muth machen (Goethe à chopenhauer 19/IX/1831)
« De quelque façon que nous voulions nous donner du courage, nous vivons tous en islam »

 

Cette phrase est surprenante et l’on trouve d’autres dires semblables chez Goethe :

Lettre à J.H. Meyer : « Il nous faut persister en islam » (29/VII/1816)

A Willemer : « Tôt ou tard nous devrons professer un islam raisonnable. »(15/VI/1817) Le 20/IX /1820

Il dit à Zelter : « C’est dans l’islam que je trouve le mieux exprimées mes idées ».

La traduction de son livre utilisée pour ce passage des Conversations de Goethe avec Eckermann est celle de Jean Chuzeville, Gallimard, 1988. NdT 

« Vous devriez, dit Goethe, avoir étudié comme moi depuis cinquante ans l’histoire de l’Église pour comprendre comme tout cela se tient. Par contre, il est extrêmement curieux de voir avec quelles doctrines les mahométans* commencent leur éducation. Ils inculquent tout d’abord à leurs jeunes gens comme base de la religion la conviction, que rien ne peut arriver à l’homme qui ne lui soit déjà depuis longtemps prédestiné par une puissance divine, régulatrice de toutes choses, et les voilà cuirassés pour la vie ; ils sont tranquilles et n’ont presque plus besoin d’autre chose.

Je ne veux pas examiner pour l’instant ce qu’il peut y avoir de vrai, de faux, d’utile ou de nuisible dans la doctrine ; mais, au fond, il y a en nous tous un peu de cette croyance, bien qu’elle ne nous ait pas été enseignée. « La balle sur laquelle mon nom n’est pas inscrit ne saurait m’atteindre », dit le soldat dans la bataille. Et, sans cette assurance, comment conserverait-il son courage et sa sérénité au milieu des dangers les plus urgents ? L’enseignement de la foi chrétienne : « Pas un passereau ne tombe du toit sans la volonté de mon Père », n’a point d’autre origine. Il se réfère à une Providence, attentive aux choses les plus minimes et sans la volonté et le consentement de laquelle rien ne peut arriver. »
*Goethe entend par-là les Musulmans.

 

Il a également dit :

« Nous les Européens avec tous nos concepts n’avons pas pu encore atteindre ce que Mohammed a atteint et nul ne pourra le dépasser. J’ai cherché dans l’histoire de l’humanité un homme qui en soit l’exemple idéal et je l’ai trouvé en la personne du Prophète Mohammed. Et ainsi doit se révéler la vérité et s’élever comme a réussi Mohammed à assujettir le monde entier par le monothéisme ».

 

 

   Michael H. Hart, historien, l’auteur de Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire :

 

« Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire est un best-seller écrit par Michael H. Hart sorti en 1978 - réédité en 1992 après quelques révisions - relatant ou plutôt classant dans un ordre décroissant les 100 personnalités les plus influentes selon l'auteur.

Ce livre a été sujet à controverse et a provoqué pas mal de remous, dans le milieu littéraire et partout ailleurs, du fait que l'auteur ait choisi le prophète Mahomet comme la personnalité la plus influente dans l'histoire de l'humanité.

Le choix de l'auteur est justifié par le fait que le prophète de l'Islam ait réussi à la fois sur le plan religieux et laïque:

« My choice of Muhammad to lead the list of the world's most influential persons may surprise some readers and may be questioned by others, but he was the only man in history who was supremely successful on both the religious and secular level. »

Traduction :

« Certains lecteurs seront peut-être étonnés de me voir placer Mahomet en tête des personnalités ayant exercé le plus d’influence en ce monde, et d’autres contesteront probablement mon choix. Cependant, Mahomet est le seul homme au monde qui ait réussi par excellence sur les plans religieux et séculier. »

(wikipédia, art. Les 100 : classement des personnes les plus influentes de l’histoire)

 

 

   Ainsi, pour Saphia Azzeddine, la femme occidentale ne subit pas une image dégradante par la publicité et la pornographie, et par la tyrannie de la beauté et de la jeunesse à tout prix ; c’est la femme musulmane voilée qui vit sous oppression, parce qu’elle ne peut pas s’afficher en décolleté comme elle sur les plateaux de télévision. Ainsi, son travail consiste à sélectionner quelques faits divers par-ci par-là dans le but de dénigrer les Musulmans et l’Islam. Mais les hommes peuvent être si pervers et le monde ainsi fait qu’on peut y trouver toutes sortes de dégueulasseries; en Afghanistan par exemple, le pays où se déroule le récit de son dernier roman. Le documentaire La dance des garçons afghans, diffusé en 2010, débute en nous expliquant que : « La résurgence d’une vieille tradition bannie par les Talibans et qui consiste à exploiter de jeunes garçons. D’anciens chefs de guerre et de puissants hommes d’affaires ont remis au goût du jour ce qu’on appelle ici le bacha bazi, littéralement le jeu avec des garçons. »

   Ainsi, depuis l’invasion de l’Afghanistan par les Américains en 2002, non seulement ce pays a vu resurgir les champs de pavot mais également la pédophilie. Car, contrairement à ce qu’affirme Aymeric Chauprade, les Talibans ont démantelé les champs de pavot. L’ancien chef de guerre afghan interviewé dans ce documentaire, qui est un acteur principal du bacha bazi, parle de djihad contre les Russes, fait la prière et se rend même à la mosquée tous les vendredis.

   Que faut-il en conclure pour Saphia Azzeddine ? Que les Musulmans sont des pédophiles ?!

 

Partager cet article
Repost0
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 21:46

Conversation avec le frère Madhy Ibn Salah :

 

 

 

As Salam Aleykoum wa rahmatoullahi wa barakatouh

 
Je viens de lire votre critique des thèses propagées par Imran Hussein, et je vous en remercie et vous félicite de la clarté de vos propos et de votre argumentation méthodique.
 
Si je vous écris c'est que je voulais que vous m'éclaircissiez sur quelques points.
 
De nombreux musulmans, même s'ils condamnent fermement Al Assad, pensent qu'il vaut mieux soutenir le régime en place en Syrie car si ce régime tombe ce sera pire encore pour le peuple syrien. Ils pensent cela car pour eux les djihadistes de l'Etat islamique sont contrôlés en sous-main par Israel et la CIA. De plus, si on admet que les djihadistes de Daesh sont de véritables combattants de Dieu, on pourrait aussi admettre que c'est Al Qaida qui est derrière les attentas du 11 septembre , et non les atlanto-sionistes. Et il me semble qu'Oussama Ben Laden  n'a jamais revendiqué les attentats du 11 septembre. D'autant plus qu'on sait aujourd'hui à travers de nombreux documentaires tels que Loose change que c'est bien les atlanto-sionistes qui ont commis ces attentats (false flag attack). 
 
Aussi, je voulais vous demander ce que vous pensez de la thèse d'Imran Hussein lorsqu'il affirme qu'Israel veut renverser les régimes arabes nationalistes (les baasistes) pour les remplacer par les djihadistes, afin de simuler ultérieurement une agression et une menace pour sa sécurité de la part de ces nouveaux régimes islamistes. Le but ultime d'Israel étant , selon Imran Hussein, l'expansion territoriale de l'entité sioniste jusqu'à devenir la grande Israel. Ce n'est pas le seul a avancé cela : ils donnent comme exemple une pièce de monnaie israelienne où l'on voit Israel, avec des frontières élargies, allant du Nil à l'Euphrate.
De plus, BHL lui-même a dit : " ces printemps arabes je pense que c'est bon pour Israel. " Et on sait ce qu'il a fait en Libye. Là encore, si l'on ne soutenait pas Kadafi (qui était un occultiste porté sur la kabbale et autres livres de magie), on pouvait difficilement être pour les soit-disant djihadistes vu l'état dans lequel ils ont mis ce pays.
 

Ensuite, dans ce hadith que vous citez:  Alors que notre prophète a clairement dit :« Un groupe de ma communauté ne cessera de combattre en conformité avec l'injonction d'Allah, le Tout Puissant, les traîtres et les déserteurs ne leur seront d'aucune nuisance. Ne cessant de combattre leurs ennemis, et ces combats cesseront tandis que d'autres renaîtront sans arrêt. Allah fera pencher en leur faveur les cœurs d'une certaine faction du peuple, par la cause desquels il les soutiendra jusqu'à la venue de l'heure, d'où surgira comme une parcelle de nuit ténébreuse, dont ils seront effrayés. Effrayés au premier abord, mais qui les couvrira ensuite à la façon d'un bouclier. » Et le Prophète d’ajouter : « Ceux-là sont les gens du Shâm. »

Le prophète (Salla Allahu Alayhi wa Salam) peut très bien parler du peuple palestinien. D'autant plus que Daesh, à la base, était en Irak, contrée qui ne fait pas parti du Sham.

 
Si vous pouviez me donner votre avis sur ces différents points.
 
Barak Allahu fik.
 
 
 
 
 

Wa ahleikoum salam,

Imran Hossein est un charlatan à la solde du diable et de la fausseté ! Cela ne m’étonnerait pas de savoir qu’il travaille pour Israël, par l’entremise de sa lutte apparente contre Israël ! Tout ce qui provient de lui doit, par déduction, être rejeté ! Même son nom ne doit plus être mentionné…

 En effet, en faisant d’Israël, la puissance qui orchestre tout, il divinise en quelque sorte Israël et sert, par conséquent, le mal contre la vérité et l’islam authentique !

C’est dans ce sens que l’on peut comprendre sa posture de soutien du régime alaouite, or tous ceux qui soutiennent le régime tyrannique en place en Syrie, en se réjouissant par conséquent des défaites orchestrées à l’endroit des moudjahidines sincères qui luttent, quant à eux, pour sauver la dignité des opprimés, et défendre la religion d’Allah, ne sont plus musulmans !

N’appelez donc pas « musulmans ceux qui soutiennent Assad » car ils ont bel et bien quitté l’islam par leur soutien d’un régime mécréant qui massacre une population musulmane innocente et démunie !

Sachez que le seul qui orchestre tout, c’est Allah ! Et, même si Israël a des plans, les plans divins seront toujours plus puissants, car Allah peut ruser par derrière une ruse, et donner un faux semblant de victoire à ses ennemis alors que derrière ces victoires d’apparence se trouvent une faille qui assurera le coup de grâce en provenance de ses alliés que sont les croyants, partisans de la vérité !

Voire un autre qu’Allah derrière tout ce qui se passe dans le monde ne peut être que le fruit d’une déficience dans le Tawhid de la Seigneurie, engendrant la naissance de maladies mentales comme la paranoïa et l’obsession !

Ainsi, arrêtez de voir Israël ou les illuminatis derrière tout ce qui se passe dans le monde, vous risquez de tomber dans le courant des « complotistes »! Vos références ne seront plus le Coran et la Sunna et vos alliés ne seront plus les savants de l’islam et les croyants, bien au contraire vous suivrez des libres penseurs à la place de savants, et vous vous allierez à des mécréants à la place de croyants ! Votre compréhension de l’islam sera faussée et vous servirez les intérêts du diable sans vous en rendre compte, en vouant une animosité aux partisans de la vérité !

Si vous connaissiez le terrain syrien, vous verriez, qu’il n’y a pas que Daech qui combat le régime d’al Assad. Les victoires de l’Etat islamique ne sont pas impulsées par Israël, je prépare une étude qui montrera à quoi est dû le succès de l’EI, et dans la constitution de leur khalifat se trouve une sagesse pour la communauté musulmane car tout comme Allah a permis la création d’Israël, il a permis la constitution de ce khalifat composé de khawaridjs afin qu’après leur extermination n’apparaisse l’imam al Mahdi car c’est toujours après la victoire interne que se dessine la victoire externe ! Et, les khawaridjs sont les hypocrites de la oumma !

Concernant le hadith que vous citez, ce hadith vise les moudjahidines de tout horizon qui combattront aux portes de Damas, et aucunement la Palestine. Il n’y a pas de cause palestinienne dans l’islam authentique ! Limiter le conflit au Moyen Orient à la question palestinienne est encore le fruit d’une stratégie satanique car ce sont les laïcards mécréants qui veulent extraire de la lutte au Moyen orient sa dimension religieuse !

Le musulman authentique marche sur le drapeau palestinien et n’a que faire de la cause palestinienne ! Ce qui l’intéresse uniquement, c’est le sang des musulmans, c’est Jérusalem et c’est donc le Khalifat authentique car par ce dernier sera enfin préservé les intérêts et les droits de la Oumma musulmane, sans distinction de race, et ce, dans tout le monde entier !

Je remarque que vous êtes très imprégné de la pensée de cet Imran Hossein ! Je vous invite à revenir au Coran et à la Sunna et à suivre les savants musulmans, tout en vous alliant aux croyants !

 Mahdy Ibn Salah 

 

 

 

 

As Salam Aleykoum

 
   Mon interrogation était simple et singulière : est-ce que les combattants de Daesh (ceux qui ont établit le khalifat) sont de véritables combattants de l'Islam authentique. Vous y répondez par la négative au 8e paragraphe de votre réponse. Vous dites : « Si vous connaissiez le terrain syrien, vous verriez, qu’il n’y a pas que Daech qui combat le régime d’al Assad. Les victoires de l’Etat islamique ne sont pas impulsées par Israël, je prépare une étude qui montrera à quoi est dû le succès de l’EI, et dans la constitution de leur khalifat se trouve une sagesse pour la communauté musulmane car tout comme Allah a permis la création d’Israël, il a permis la constitution de ce khalifat composé de khawaridjs afin qu’après leur extermination n’apparaisse l’imam al Mahdi car c’est toujours après la victoire interne que se dessine la victoire externe ! Et, les khawaridjs sont les hypocrites de la oumma ! »
 
   Donc, sur ce point, vous êtes en accord avec Imran Hussein lorsque vous dites que ce khalifat est composé de khawaridjs qui sont, selon vos propres mots, « les hypocrites de la oumma. » Mais le plus troublant, c'est que vous établissez un parallèle entre ce khalifat et l'état sioniste,tout en affirmant  qu'il s'y trouve de la sagesse. C'est là que je ne vous suis plus car l'entité sioniste scélérate, qui le restera de sa création à sa destruction, a été créée de par la permission de Allah dans ce but précis d'être une entité maléfique qui sème le trouble et le désordre. (Là-dessus, on ne peut être que d'accord avec vous, tout rentre dans le plan divin même la création de l'état d'Israel en 1948). Vos propos sont contradictoires : comment peut-on affirmer qu'il y a de la sagesse dans ce khalifat gouverné par des hypocrites ? Par conséquent, de par ce parallèle que vous établissez entre ces deux entité, vous admettez que ce khalifat est une entité scélérate, et ne peut donc pas être une source de sagesse pour la communauté musulmane. De plus, je ne crois pas que l'imam al Mahdi (Alayhi Salam) est besoin d'un khalifat préétabli composé d'hypocrites pour instaurer son règne. En effet, comment dans ce khalifat puisse s'y trouver de la sagesse si les bases sont mécréantes. Le processus ne peut être qu'inverse : les bases sont justes et solides, puis avec le temps elles s'effritent pour laisser place à la dégénérescence, comme l'a prédit le Prophète (Salla Allahu Alayhi wa Salam) après la mort d'Ali (Radiya Allahou 'anhou). Ainsi, l'établissement du khalifat d'al Madhi ne pourra passer que par la destruction de ce khalifat d'hypocrites. Mais Allah est le plus savant.
   Ensuite, quand vous dites que « c’est toujours après la victoire interne que se dessine la victoire externe ! », on peut bien-sûr se douter que tout ce qui se passe est bien évidemment lié aux évènements de la Fin des Temps car la majorité des petits signes sont déjà là, et donc, ce qui se passe actuellement au Sham préfigure l'apparition du Madhi qui est le premier des grands signes..
 
   Vous dites qu'il n'y a pas que Daesh qui combat en Syrie. Mais ce qu'il faut savoir c'est que les syriens, qu'ils soient sunnites ou chiites, sont majoritairement pour Al Assad, car ils pensent ne pas avoir le choix. En effet, quand on voit les vidéos et photos des combattants de Daesh qui se mettent en scène en assassinant lâchement des gens pour ensuite se prendre en photo tout sourire devant des têtes décapitées (d'alaouites ou d'autres sectes vous me direz), on peut se mettre à la place des syriens et comprendre pourquoi ils préfèrent tout de même Al Assad.
 
   Maintenant, pour en venir au sujet de votre article (le complotisme), vous me demandez : « arrêtez de voir Israël ou les illuminatis derrière tout ce qui se passe dans le monde » Je citerai ici quelques versets du Coran : « Ils usent de stratagèmes et Allah aussi en use »; et  « Ils complotèrent. Mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes.» ( Coran, 8 : 30 ); mais aussi « Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n'en sont pas conscients. » (Coran, 6:123). Dans le Coran, il est question de complot, alors pourquoi le nier ? Pour vous, si l'on constate l'existence du complot sioniste, on se « dé-islamise ». Je ne vois vraiment pas le rapport. J'ai l'impression qu'à ce sujet votre discours est rôdé et me rappelle celui du rappeur sataniste Médine qui dit en gros que les gens sont paranoïaques car ils pensent que les illuminatis se cachent derrière chaque virgule qu'on tape sur internet. D'autant plus que je n'ai pas parler de tout ce qui se passe dans le monde mais uniquement des attentats du 11 septembre 2001 et du Moyen-Orient. Il serait naïf de croire qu'il n'y a jamais eu de complot sioniste à ce niveau (je vous conseille de lire cette article sur un des espions les plus emblématique du Mossad  http://zoubakine.over-blog.com/article-eli-cohen-espion-emblematique-du-mossad-106894756.html qui en dit long sur la capacité de nuisance et la propension au complot des sionistes). Mais leur complot, on l'aura compris, fait parti du plan divin car Allah est Omniscient, mais cela n'empêche que chacun est responsable de ses actes et sera jugé en fonction de.
 
   Aussi, le hadith que vous avez citez ( c'est pas moi qui l'ai cité contrairement à ce que vous avez dis) parle des gens du Sham donc aussi des palestiniens (je n'ai jamais dis que c'est exclusivement les palestiniens dont il était question), et il me semble qu'il ne fait pas mention de combattants « aux portes de Damas » comme vous le prétendez de manière exclusive. Le Sham c'est la Palestine, la Jordanie et la Syrie actuelles. Après, je nous vous ai jamais dis qu'il n'y a pas de véritables moudjahidines au Sham.
   Vous parlez comme si que le combat des palestiniens était uniquement une cause nationale. C'est faux !  La résistance palestinienne combat aussi pour la cause islamique et la libération d'al-Quds. Et eux, ils ne peuvent pas le nier le complot, ils le subissent. C'est totalement légitime le souhait des palestiniens avoir un Etat à eux pour ainsi avoir leur auto-détermination. L'entité sioniste contrôle tous les cours d'eau et donc l'approvisionnement en eau des populations de la région. Un israélien consomme 10 voir 20 fois plus d'eau qu'un palestinien. Il faut se mettre à la place des gens avant d'affirmer certaines choses du fin fond de votre banlieue parisienne.
   Ce n'est pas parce qu'à travers les accords Sykes-Picot que l'Occident dégénérée et sa franc-maçonnerie ont découpé le Moyen-Orient (tout comme l'Afrique) en Etats laïcs, qu'on doit nier la réalité du peuple palestinien.
   Pour finir, pourquoi vous me parlez de race lorsque je vous parle du peuple palestinien ?  Comme quoi je ferais des « distinction de race » parce que je parle du peuple palestinien.  C'est de la dialectique talmudique que vous me faîtes là ?  Vous avez fait vos classes à SOS Racisme ou bien ? Dans le Coran, une multitude de peuples est citée. Quel intérêt y'a-t-il à la négation de ceci ? C'est juste pour donner des leçons ou quoi !?
   Abu Hurayra (Radiya Allahou ‘anhou) rapporte que le prophète (Salla Allahou ‘aleyhi wa Sallam) a dit : « Avez-vous déjà entendu parler d’une ville dont une partie est sur terre et l’autre partie en mer ? » Ses compagnons lui dirent : oui, ô messager de Dieu ! » il dit alors « L’heure ne viendra pas que soixante-dix mille musulmans parmi les fils d’Isaac la conquerront. Lorsqu’ils arriveront, ils ne combattront pas avec leurs armes ni ne lanceront des flèches ; ils diront : La ilaha illa-llah wa-llahu akbar » (Il n’y a pas de divinité sinon Dieu. Dieu est grand) et la première partie qui est en mer tombera. Puis, ils diront une seconde fois : « la ilaha illa-llah allau akbar » et la seconde partie tombera. Puis, ils diront une troisième fois « la ilaha illa-llah allau akbar » et ils l’investiront en bénéficiant de son butin. Puis, alors qu’ils seront en train de partager le butin, ils entendront un cri : « l’Antéchrist est sorti ! Alors, ils abandonneront tout et reviendront. » 
   Dans ce hadith, il est question de musulmans descendants d'Isaac (Alayhi Salam). Qui sont-ils à votre avis ?
 
   Pour conclure, au départ je ne vous avais posé qu'une seule question, tout en disant que j'étais d'accord avec vous sur votre critique d'Imran Hussein, Et finalement on en vient à partir dans tous les sens.
 
 
 
 
 
 
 
Je reste sur mon impression que votre compréhension de l'islam et de la fin des temps et surtout du terrain syrien est erronée. qu'Allah nous purifie moi et vous afin que l'on puisse mieux comprendre les choses
 
fi amani lah
 
 
Partager cet article
Repost0
13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 04:25

   Comme pour toute nouvelle doctrine ou idéologie, Kardec, dans son introduction au Livre des Esprits, donne sa propre définition aux mots et en introduit de nouveaux dans le but de marquer une rupture. En effet, changer le sens des mots et en créer de nouveaux (néologisme) afin de s'en accaparer et en revendiquer la paternité, et ainsi remodeler et même renier les croyances religieuses traditionnelles qui traîtent de ces questions (la vie sur terre, la vie après la mort, l'âme, les esprits, la Création, etc). « Pour les choses nouvelles il faut des mots nouveaux, ainsi le veut la clarté du langage, pour éviter la confusion inséparable du sens multiple des mêmes termes. Les mots spirituel, spiritualiste, spiritualisme ont une acception bien définie ; leur en donner une nouvelle pour les appliquer à la doctrine des Esprits serait multiplier les causes déjà si nombreuses d'amphibologie. En effet, le spiritualisme est l'opposé du matérialisme ; quiconque croit avoir en soi autre chose que la matière est spiritualiste ; mais il ne s'ensuit pas qu'il croie à l'existence des Esprits ou à leurs communications avec le monde visible. Au lieu des mots spirituel, spiritualisme, nous employons pour désigner cette dernière croyance ceux de spirite et de spiritisme, dont la forme rappelle l'origine et le sens radical, et qui par cela même ont l'avantage d'être parfaitement intelligibles, réservant au mot spiritualisme son acception propre. Nous dirons donc que la doctrine spirite ou le spiritisme a pour principes les relations du monde matériel avec les Esprits ou êtres du monde invisible. Les adeptes du spiritisme seront les spirites ou, si l'on veut, les spiritistes. »

   En effet, de nouvelles définitions et de nouveaux mots afin de manipuler et d'orienter l'esprit de l'homme du XIXe siècle, déchristianisé et imprégné de l'idéologie des Lumières. En réalité, les salons et associations spiritistes à l'époque de Kardec étaient, comme on peut en douter, fréquentés par des personnages d'un certains rang social, dont la vision libérale et la bigoterie les rapprochent de ce genre de croyance, contrairement au « petit » peuple encore attaché à la tradition et aux valeurs chrétiennes.

 

   Ainsi, Allan Kardec a créé un nouvel « univers », un mélange de croyances pseudo-chrétiennes, de réincarnation et des connaissances scientifiques voir pseudo-scientifiques du XIXe siècle, en donnant de nouvelles définitions aux mots pour en orienter le sens selon sa propre vision. En effet :« Il est un autre mot sur lequel il importe également de s'entendre, parce que c'est une des clefs de voûte de toute doctrine morale, et qu'il est le sujet de nombreuses controverses, faute d'une acception bien déterminée, c'est le mot âme. La divergence d'opinions sur la nature de l'âme vient de l'application particulière que chacun fait de ce mot. Une langue parfaite, où chaque idée aurait sa représentation par un terme propre, éviterait bien des discussions ; avec un mot pour chaque chose, tout le monde s'entendrait. Selon les uns, l'âme est le principe de la vie matérielle organique ; elle n'a point d'existence propre et cesse avec la vie : c'est le matérialisme pur. Dans ce sens, et par comparaison, ils disent d'un instrument fêlé qui ne rend plus de son : qu'il n'a pas d'âme. D'après cette opinion, l'âme serait un effet et non une cause. D'autres pensent que l'âme est le principe de l'intelligence, agent universel dont chaque être absorbe une portion. Selon eux, il n'y aurait pour tout l'univers qu'une seule âme qui distribue des étincelles entre les divers êtres intelligents pendant leur vie ; après la mort, chaque étincelle retourne à la source commune où elle se confond dans le tout, comme les ruisseaux et les fleuves retournent à la mer d'où ils sont sortis. Cette opinion diffère de la précédente en ce que, dans cette hypothèse, il y a en nous plus que la matière et qu'il reste quelque chose après la mort ; mais c'est à peu près comme s'il ne restait rien, puisque, n'ayant plus d'individualité, nous n'aurions plus conscience de nous-même. Dans cette opinion, l'âme universelle serait Dieu et chaque être une portion de la Divinité, c'est une variété du panthéisme. Selon d'autres enfin, l'âme est un être moral, distinct, indépendant de la matière et qui conserve son individualité après la mort. Cette acception est, sans contredit, la plus générale, parce que, sous un nom ou sous un autre, l'idée de cet être qui survit au corps se trouve à l'état de croyance instinctive et indépendante de tout enseignement, chez tous les peuples, quel que soit le degré de leur civilisation. Cette doctrine, selon laquelle l'âme est la cause et non l'effet, est celle des spiritualistes. Sans discuter le mérite de ces opinions, et en ne considérant que le côté linguistique de la chose, nous dirons que ces trois applications du mot âme constituent trois idées distinctes qui demanderaient chacune un terme différent. Ce mot a donc une triple acception, et chacun a raison à son point de vue, dans la définition qu'il en donne ; le tort est à la langue de n'avoir qu'un mot pour trois idées. Pour éviter toute équivoque, il faudrait restreindre l'acception du mot âme à l'une de ces trois idées ; le choix est indifférent, le tout est de s'entendre, c'est une affaire de convention. Nous croyons plus logique de le prendre dans son acception la plus vulgaire ; c'est pourquoi nous appelons AME l'être immatériel et individuel qui réside en nous et qui survit au corps. » Allan Kardec introduit ce genre de raisonnement faussé tout en admettant la conception traditionnelle de ce qu'est l'Ame, en se gardant bien de citer les penseurs chrétiens.

 

   Comme on la dit, la doctrine de Kardec est une doctrine pseudo-chrétienne et hindoue, et fortement imprégnée de scientisme, idéologie apparue au XIXe siècle. La conception de l'âme de kardec est d'autant plus singulière que pour lui âme et esprit sont confondues. En effet, c'est l'idée principale de sa doctrine : les esprits passent du monde invisible au monde visible en s'incarnant en hommes et de ce fait esprit et âme sont confondues; après la mort, l'esprit revient au monde immatériel et selon qu'il ait réalisé de bonnes ou mauvaises actions, l'esprit évolura ; ce cycle se prolonge jusqu'à ce qu'il devienne un esprit pur ou supérieur. Voilà en gros le fondement de sa doctrine.

 

    Le Livre des Esprits se veut être des conversations avec des esprits supérieurs et Kardec les cite en introduction : Saint Jean, Saint Augustin, Saint Paul, Saint Louis, Socrate et Platon. Là est la contradiction pour ne pas dire l'absurdité de son oeuvre. C'est dur à croire, mais Kardec nous affirme qu'il est rentré en contact avec les plus grands théologiens du Christianisme tel que Saint Augustin. Admettons. Donc, selon sa logique, Saint Augustin, vu qu'il s'est rapproché de la Vérité, est devenu un esprit supérieur. Ainsi, mille cinq cents ans après sa mort, Kardec rentre en contact avec Saint Augustin qui remet en cause tout le dogme chrétien, renie tous ces écrits, parle de réincarnation sans évoquer ni le Paradis ni l'Enfer et allant même jusqu'à dire que Satan n'existe pas car c'est une mauvaise interprétation des Ecrits Saints. Bref, c'est profondément absurde. D'autant plus que les réponses des soi-disants esprits sont d'un niveau philosophique et théologique médiocre, contradictoires, et le style est d'un bas niveau tout comme celui de Kardec. Ce qui n'est pas le cas de Saint Augustin dont l'oeuvre est toujours étudiée aujourd'hui, même par des auteurs athés.

 

   Pour Kardec, les tables volantes sont bel et bien un fait avéré :« Nous dirons plus : c'est que les faits se sont tellement multipliés qu'ils ont aujourd'hui droit de cité, et qu'il ne s'agit plus que d'en trouver une explication rationnelle. Peut-on induire quelque chose contre la réalité du phénomène de ce qu'il ne se produit pas d'une manière toujours identique selon la volonté et les exigences de l'observateur ? Est-ce que les phénomènes d'électricité et de chimie ne sont pas subordonnés à certaines conditions et doit-on les nier parce qu'ils ne se produisent pas en dehors de ces conditions ? » Ici, il justifie l'existence des tables volantes en les comparant aux phénomènes physiques.

   « Vous voyez donc que le spiritisme n'est pas du ressort de la science. Quand les croyances spirites seront vulgarisées, quand elles seront acceptées par les masses, et, si l'on en juge par la rapidité avec laquelle elles se propagent, ce temps ne saurait être fort éloigné, il en sera de cela comme de toutes les idées nouvelles oui ont rencontré de l'opposition, les savants se rendront à l'évidence ; ils y arriveront individuellement par la force des choses ; jusque-là il est intempestif de les détourner de leurs travaux spéciaux, pour les contraindre à s'occuper d'une chose étrangère qui n'est ni dans leurs attributions, ni dans leur programme. En attendant, ceux qui, sans une étude préalable et approfondie de la matière, se prononcent pour la négative et bafouent quiconque n'est pas de leur avis, oublient qu'il en a été de même de la plupart des grandes découvertes qui honorent l'humanité ; ils s'exposent à voir leurs noms augmenter la liste des illustres proscripteurs des idées nouvelles, et inscrits à côté de ceux des membres de la docte assemblée qui, en 1752, accueillit avec un immense éclat de rire le mémoire de Franklin sur les paratonnerres, le jugeant indigne de figurer au nombre des communications qui lui étaient adressées ; et de cette autre qui fit perdre à la France le bénéfice de l'initiative de la marine à vapeur, en déclarant le système de Fulton un rêve impraticable ; et pourtant c'étaient des questions de leur ressort. Si donc ces assemblées, qui comptaient dans leur sein l'élite des savants du monde, n'ont eu que la raillerie et le sarcasme pour des idées qu'elles ne comprenaient pas, idées qui, quelques années plus tard, devaient révolutionner la science, les moeurs et l'industrie, comment espérer qu'une question étrangère à leurs travaux obtienne plus de faveur ? »

   Kardec prévient ses détracteurs que sa doctrine en est à ses débuts et qu'elle est faites pour ce propager au monde. Et, s'il y en a qui nient l'existence de ces phénomènes c'est que « cela tient à des causes qui prouvent entre mille faits semblables la légereté de l'esprit humain. » « Mais, objectent certaines personnes, il y a souvent supercherie évidente. Nous leur demanderons d'abord si elles sont bien certaines qu'il y ait supercherie, et si elles n'ont pas pris pour telle des effets dont elles ne pouvaient se rendre compte, à peu près comme ce paysan qui prenait un savant professeur de physique faisant des expériences, pour un adroit escamoteur. En supposant même que cela ait pu avoir lieu quelquefois, serait-ce une raison pour nier le fait ? Faut-il nier la physique parce qu'il y a des prestidigitateurs qui se décorent du titre de physiciens ? » Toujours en comparant sa doctrine aux sciences dures et en faisant bien la distinction entre « l'homme éclairé », le bourgeois du XIXe siècle, et le paysan « arriéré », Kardec nous montre bien qu'il est totalement prisonnier des idées libérales et bourgeoises de son époque, car c'est objectivement ce qu'il est. En effet, dès le départ on perçoit cette état d'esprit hérité des Lumières et représenté par « les personnes les plus graves, les plus honorables et les plus éclairées. » Mais contrairement au idéologie athée comme le marxisme, le spiritisme a pour ambition d'expliquer l'impalpable.

 

   « L'homme qui croit sa raison infaillible est bien près de l'erreur ; ceux mêmes qui ont les idées les plus fausses s'appuient sur leur raison, et c'est en vertu de cela qu'ils rejettent tout ce qui leur semble impossible. Ceux qui ont jadis repoussé les admirables découvertes dont l'humanité s'honore faisaient tous appel à ce juge pour les rejeter ; ce que l'on appelle raison n'est souvent que de l'orgueil déguisé, et quiconque se croit infaillible se pose comme l'égal de Dieu. Nous nous adressons donc à ceux qui sont assez sages pour douter de ce qu'ils n'ont pas vu, et qui, jugeant l'avenir par le passé, ne croient pas que l'homme soit arrivé à son apogée, ni que la nature ait tourné pour lui la dernière page de son livre. » Comme pour l'âme et l'esprit, ici, Kardec tend à confondre Foi et Raison, qui ne sont pas antagoniques mais complémentaires. La contradiction dans le but de brouiller les esprits. En effet, l'invisible ou l'impalpable fait moins appel à la raison qu'à la foi, et, le scientisme ainsi que la religion du Progrès n'ont pas été rejetés par raison mais par foi. Mais en réalité, pour Kardec ce n'est pas vraiment une contradiction car les Lumières ayant « éradiquer » la Foi, il ne reste que la Raison. En connaissance de cause, Kardec fait appel à cette raison dépourvue de tout sentiment de religiosité afin de manipuler les esprits en comblant ce manque de spiritualité, et en les orientant vers cette croyance spiritiste, faussement rédemptrice, à l'origine des religions new-age du XXe siècle.

 

« Une variante de cette opinion consiste à ne voir dans les communications spirites, et dans tous les faits matériels auxquels elles donnent lieu, que l'intervention d'une puissance diabolique, nouveau Protée qui revêtirait toutes les formes pour mieux nous abuser. Nous ne la croyons pas susceptible d'un examen sérieux, c'est pourquoi nous ne nous y arrêterons pas : elle se trouve réfutée par ce que nous venons de dire ; nous ajouterons seulement que, s'il en était ainsi, il faudrait convenir que le diable est quelquefois bien sage, bien raisonnable et surtout bien moral, ou bien qu'il y a aussi de bons diables. Comment croire, en effet, que Dieu ne permette qu'à l'Esprit du mal de se manifester pour nous perdre, sans nous donner pour contrepoids les conseils des bons Esprits ? S'il ne le peut pas, c'est impuissance ; s'il le peut et ne le fait pas, c'est incompatible avec sa bonté ; l'une et l'autre supposition seraient un blasphème. Remarquez qu'admettre la communication des mauvais Esprits, c'est reconnaître le principe des manifestations ; or, du moment qu'elles existent, ce ne peut être qu'avec la permission de Dieu ; comment croire, sans impiété, qu'il ne permette que le mal à l'exclusion du bien ? Une telle doctrine est contraire aux plus simples notions du bon sens et de la religion.

   Une chose bizarre, ajoute-t-on, c'est qu'on ne parle que des Esprits de personnages connus, et l'on se demande pourquoi ils sont seuls à se manifester. C'est là une erreur provenant, comme beaucoup d'autres, d'une observation superficielle. Parmi les Esprits qui viennent spontanément, il en est plus encore d'inconnus pour nous que d'illustres, qui se désignent par un nom quelconque et souvent par un nom allégorique ou caractéristique. Quant à ceux que l'on évoque, à moins que ce ne soit un parent ou un ami, il est assez naturel de s'adresser à ceux que l'on connaît plutôt qu'à ceux que l'on ne connaît pas ; le nom des personnages illustres frappe davantage, c'est pour cela qu'ils sont plus remarqués. On trouve encore singulier que les Esprits d'hommes éminents viennent familièrement à notre appel, et s'occupent quelquefois de choses minutieuses en comparaison de celles qu'ils ont accomplies pendant leur vie. A cela il n'est rien d'étonnant pour ceux qui savent que la puissance ou la considération dont ces hommes ont joui ici-bas ne leur donne aucune suprématie dans le monde spirite ; les Esprits confirment en ceci ces paroles de l'Evangile : Les grands seront abaissés et les petits élevés, ce qui doit s'entendre du rang que chacun de nous occupera parmi eux ; c'est ainsi que celui qui a été le premier sur la terre peut s'y trouver l'un des derniers ; celui devant lequel nous courbions la tête pendant sa vie peut donc venir parmi nous comme le plus humble artisan, car en quittant la vie, il a laissé toute sa grandeur, et le plus puissant monarque y est peut-être au-dessous du dernier de ses soldats.»

   Ici, il commence à se dévoiler. Kardec pour donner de la crédibilité à ses affabulations cite les Evangiles tout au long de son  ivre. Mais selon les Evangiles et le Coran, il ya les hommes, qui ont une âme, et il les esprits (djinns).

 

    « Prenons pour exemple la définition de l'âme. Ce mot n'ayant pas d'acception fixe, les Esprits peuvent donc, ainsi que nous, différer dans la définition qu'ils en donnent : l'un pourra dire qu'elle est le principe de la vie, un autre l'appeler étincelle animique, un troisième dire qu'elle est interne, un quatrième qu'elle est externe, etc., et tous auront raison à leur point de vue. On pourrait même croire que certains d'entre eux professent des théories matérialistes, et pourtant il n'en est rien. Il en est de même de Dieu ; ce sera : le principe de toutes choses, le Créateur de l'univers, la souveraine intelligence, l'infini, le grand Esprit, etc., etc., et en définitive, ce sera toujours Dieu. Citons enfin la classification des Esprits. Ils forment une suite non interrompue depuis le degré inférieur jusqu'au degré supérieur ; la classification est donc arbitraire, l'un pourra en faire trois classes, un autre cinq, dix ou vingt à volonté, sans être pour cela dans l'erreur ; toutes les sciences humaines nous en offrent l'exemple ; chaque savant a son système ; les systèmes changent, mais la science ne change pas. Qu'on apprenne la botanique par le système de Linné, de Jussieu ou de Tournefort, on n'en saura pas moins la botanique. Cessons donc de donner aux choses de pure convention plus d'importance qu'elles n'en méritent pour nous attacher à ce qui est seul véritablement sérieux, et souvent la réflexion fera découvrir dans ce qui semble le plus disparate une similitude qui avait échappé à une première inspection. »

   Ici, il confond définition et attribut, et, encore une fois il compare la science avec ce qui est de l'ordre de l'impalpable. S'il suppose que les définitions de l'âme sont multiples, tous comme celles de Dieu (ce qu'il omet de dire c'est qu'on ne peut définir Dieu, mais seulement Lui donner des Attributs), il met alors tout sur le même plan. C'est le règne de la subjectivité pour ne pas dire du mensonge.

 

 

    Intéressons-nous maintenant aux questions que Kardec a posé aux prétendus esprits.

 

   Les soi-disants esprits bienveillants répondent aux différentes questions qui leurs sont adressées en reprenant de façon partielle et sélective le dogme chrétien et musulman. A la question « 1. Qu'est-ce que Dieu ? », l'esprit répond « Dieu est l'intelligence suprême, cause première de toutes choses. »

   Ensuite, « 2. Que doit-on entendre par l'infini ? », « Ce qui n'a ni commencement ni fin : l'inconnu ; tout ce qui est inconnu est infini. »

   « 8. Que penser de l'opinion qui attribue la formation première à une combinaison fortuite de la matière, autrement dit au hasard ? « Autre absurdité ! Quel homme de bon sens peut regarder le hasard comme un être intelligent ? Et puis, qu'est-ce que le hasard ? Rien. »

   «35. L'espace universel est-il infini ou limité ? » « Infini. Suppose-lui des bornes, qu'y aurait-il au-delà ? Cela confond ta raison, je le sais bien, et pourtant ta raison te dit qu'il n'en peut être autrement. Il en est de même de l'infini en toutes choses ; ce n'est pas dans votre petite sphère que vous pouvez le comprendre. »
   Au cas où l'on aurait pas compris, Kardec commente la réponse de l'esprit : «Si l'on suppose une limite à l'espace, quelque éloignée que la pensée puisse la concevoir, la raison dit qu'au-delà de cette limite il y a quelque chose, et ainsi de proche en proche jusqu'à l'infini ; car ce quelque chose, fût-il le vide absolu, serait encore de l'espace. » En plus d'être bateau et donc d'un très bas niveau philosophique, les propos de Kardec et ceux de l'esprit, Kardec, ici, commet une bévue qui démontre sa bêtise profonde. En effet, si l'on dit « jusqu'à l'infini », on sous-entend que l'infini est une grandeur atteignable, ce qui bien-sûr ne peut être le cas. Même en mathématiques, lorsqu'on dit qu'une grandeur tend vers l'infini c'est en réalité pour dire qu'elle tend vers un grand nombre, mais en aucun cas on parle de l'infini au sens strict du terme.

 

   « 37. L'univers a-t-il été créé, ou bien est-il de toute éternité comme Dieu ? » « Sans doute, il n'a pu se faire tout seul, et s'il était de toute éternité comme Dieu, il ne pourrait pas être l'oeuvre de Dieu. »

   « 40. Les comètes seraient-elles, comme on le pense maintenant, un commencement de condensation de la matière et des mondes en voie de formation ? » « Cela est exact ; mais ce qui est absurde, c'est de croire à leur influence. Je veux dire cette influence qu'on leur attribue vulgairement ; car tous les corps célestes ont leur part d'influence dans certains phénomènes physiques. »

   Avec ces deux dernières questions, on voit bien que Kardec reprend à son compte le dogme chrétien, et pour former sa doctrine, il y ajoute les connaissances scientifiques voir pseudo-scientifiques de son temps.

 

   « 44. D'où sont venus les êtres vivants sur la terre ? » « La terre en renfermait les germes qui attendaient le moment favorable pour se développer. Les principes organiques se rassemblèrent dès que cessa la force qui les tenait écartés, et ils formèrent les germes de tous les êtres vivants. Les germes restèrent à l'état latent et inerte, comme la chrysalide et les graines des plantes, jusqu'au moment propice pour l'éclosion de chaque espèce ; alors les êtres de chaque espèce se rassemblèrent et se multiplièrent. »

   Bizarrement, il n'évoque pas la théorie de l'évolution qui s'est pourtant très vite propagée parmi les classes bourgeoise et libérale. Mais cette deuxième édition du Le Livre des Esprits date de 1860, alors que la première parution de De l'origine des espèces date du 24 novembre 1859. L'explication est peut-être là.

 

   « 55. Tous les globes qui circulent dans l'espace sont-ils habités ? » « Oui, et l'homme de la terre est loin d'être, comme il le croit, le premier en intelligence, en bonté et en perfection. Il y a pourtant des hommes qui se croient bien forts, qui s'imaginent que ce petit globe a seul le privilège d'avoir des êtres raisonnables. Orgueil et vanité ! Ils croient que Dieu a créé l'univers pour eux seuls. »

   Sans commentaire.

 

   « 77. Les Esprits sont-ils des êtres distincts de la Divinité, ou bien ne seraient-ils que des émanations ou portions de la Divinité et appelés, pour cette raison, fils ou enfants de Dieu ? » « Mon Dieu, c'est son oeuvre, absolument comme un homme qui fait une machine ; cette machine est l'oeuvre de l'homme et non pas lui. Tu sais que quand l'homme fait une chose belle, utile, il l'appelle son enfant, sa création. Eh bien ! Il en est de même de Dieu : nous sommes ses enfants, puisque nous sommes son oeuvre. »
    « 78. Les Esprits ont-ils eu un commencement, ou bien sont-ils comme Dieu, de toute éternité ? » « Si les esprits n'avaient point eu de commencement, ils seraient égaux à Dieu, tandis qu'ils sont sa création et soumis à sa volonté. Dieu est de toute éternité, cela est incontestable ; mais savoir quand et comment il
nous a créés, nous n'en savons rien. Tu peux dire que nous sommes sans commencement, si tu entends par là que Dieu étant éternel, il a dû créer sans relâche ; mais quand et comment chacun de nous a été fait, je te dis encore, nul ne le sait : c'est là qu'est le mystère. »

   Il suffit d'un peu de bon sens et de quelques notions philosophiques ou théologiques pour éviter de formuler de telles interrogations, qui d'ailleurs, ont déjà été soulevées lorsque l'esprits avaint répondu aux questions liées à Dieu et à la cration. Et à vrai dire, sur 1019 questions prétendument posées à des soi-disants esprits bienveillants , beaucoup sont redondantes, et la plupart sont sans grand intérêt. Ce livre est un ramassis d'inepties. C'est vraiment fumeux. On ne peut pas s'empêcher de penser que Kardec est un précursseur de la médiocrité post-moderne, aujourd'hui omniprésente.

 

   Ensuite, la question « 122. Comment les Esprits, à leur origine, alors qu'ils n'ont pas encore la conscience d'eux-mêmes, peuvent-ils avoir la liberté du choix entre le bien et le mal ? Y a-t-il en eux un principe, une tendance quelconque, qui les porte plutôt dans une voie que dans une autre ? » « Le libre arbitre se développe à mesure que l'Esprit acquiert la conscience de lui-même. Il n'y aurait plus liberté si le choix était sollicité par une cause indépendante de la volonté de l'Esprit. La cause n'est pas en lui, elle est hors de lui, dans les influences auxquelles il cède en vertu de sa libre volonté. C'est la grande figure de la chute de l'homme et du péché originel : les uns ont cédé à la tentation, les autres ont résisté. »
« D'où viennent les influences qui s'exercent sur lui ? » « Des Esprits imparfaits qui cherchent à s'emparer de lui, à le dominer, et qui sont heureux de le faire succomber. C'est ce que l'on a voulu peindre par la figure de Satan. »

   Ici, Kardec remet en cause le paradigme chrétien. Il nous explique qu'en réalité on se trompe au sujet de Satan car, une fois de plus, les théologiens ont mal interprété les Ecrits Saints. En effet, « ce que l'on a voulu peindre par la figure de Satan » n'est en réalité que la mauvaise influence des Esprits imparfaits sur les hommes.

   Mais ce qui est drôle dans tout cela c'est qu'au début de son oeuvre, Kardec nous dit que les esprits qui ont participé à l'écriture de ce livre sont des esprits supérieurs qui « ont vécu a diverses époques sur la terre où ils ont prêché et pratiqué la vertu et la sagesse ». Et ces esprits sont justement les grands penseurs chrétiens tels que Saint Jean, Saint Augustin, Saint Paul et Saint Louis mais également les philosophes grecs Socrate et Platon.

 

   « La première condition de toute doctrine, c'est d'être logique ; or, celle des démons, dans le sens absolu, pèche par cette base essentielle. Que dans la croyance des peuples arriérés qui, ne connaissant pas les attributs de Dieu, admettent des divinités malfaisantes, on admette aussi des démons, cela se conçoit ; mais pour quiconque fait de la bonté de Dieu un attribut par excellence, il est illogique et contradictoire de supposer qu'il ait pu créer des êtres voués au mal et destinés à le faire à perpétuité, car c'est nier sa bonté. Les partisans des démons s'étayent des paroles du Christ ; ce n'est certes pas nous qui contesterons l'autorité de son enseignement que nous voudrions voir dans le coeur plus que dans la bouche des hommes ; mais est-on bien certain du sens qu'il attachait au mot démon ? Ne sait-on pas que la forme allégorique est un des cachets distinctifs de son langage, et tout ce que renferme l'Evangile doit-il être pris à la lettre ? [...] Les hommes ont fait pour les démons ce qu'ils ont fait pour les anges ; de même qu'ils ont cru à des êtres parfaits de toute éternité, ils ont pris les Esprits inférieurs pour des êtres perpétuellement mauvais. Le mot démon doit donc s'entendre des Esprits impurs qui souvent ne valent pas mieux que ceux désignés sous ce nom, mais avec cette différence que leur état n'est que transitoire. Ce sont des Esprits imparfaits qui murmurent contre les épreuves qu'ils subissent, et qui, pour cela, les subissent plus longtemps, mais qui arriveront à leur tour quand ils en auront la volonté. On pourrait donc accepter le mot démon avec cette restriction ; mais comme on l'entend maintenant dans un sens exclusif, il pourrait induire en erreur en faisant croire à l'existence d'êtres spéciaux créés pour le mal. A l'égard de Satan, c'est évidemment la personnification du mal sous une forme allégorique, car on ne saurait admettre un être mauvais luttant de puissance à puissance avec la Divinité, et dont la seule préoccupation serait de contrecarrer ses desseins. »

      Encore une grossière contradiction : il admet que Dieu a créé les hommes et les esprits en leur accordant un libre-arbitre, mais il nous dit que Satan et les démons n'existent pas car Dieu ne peut pas créé quelque chose de mal. Une fois de plus il se fourvoie. Dieu ne créé pas les mauvais esprits ni les mauvais hommes, mais ce sont ces derniers qui choisissent de faire le bien ou le mal. D'où l'importance qui est donné en Islam sur la nature des actes.

 

  « 158. L'exemple de la chenille qui, d'abord, rampe sur la terre, puis s'enferme dans sa chrysalide sous une mort apparente pour renaître d'une existence brillante, peut-il nous donner une idée de la vie terrestre, puis du tombeau, et enfin de notre nouvelle existence ? » « Une idée en petit. La figure est bonne ; il ne faudrait cependant pas la prendre à la lettre, comme cela vous arrive souvent. »

   Sans commentaire.

 

   Au dogme chrétien réinterprété par les spirites,ces derniers y ajoute le concept de réincarnation.

   « 166. Comment l'âme, qui n'a point atteint la perfection pendant la vie corporelle, peut-elle achever de s'épurer ? » « En subissant l'épreuve d'une nouvelle existence. »
« Comment l'âme accomplit-elle cette nouvelle existence ? Est-ce par sa transformation comme Esprit ? »  « L'âme, en s'épurant, subit sans doute une transformation, mais pour cela il lui faut l'épreuve de la vie corporelle. »
«L'âme a donc plusieurs existences corporelles ? » « Oui, tous nous avons plusieurs existences. Ceux qui disent le contraire veulent vous maintenir dans l'ignorance où ils sont euxmêmes ; c'est leur désir. »
« Il semble résulter de ce principe que l'âme, après avoir quitté un corps, en prend un autre ; autrement dit, qu'elle se réincarne dans un nouveau corps ; est-ce ainsi qu'il faut l'entendre ? » « C'est évident. »
    «167. Quel est le but de la réincarnation ? » « Expiation, amélioration progressive de l'humanité ; sans cela où serait la justice ? »
    «168. Le nombre des existences corporelles est-il limité, ou bien l'Esprit se réincarne-t-il à perpétuité ? » « A chaque existence nouvelle, l'Esprit fait un pas dans la voie du progrès ; quand il s'est dépouillé de toutes ses impuretés, il n'a plus besoin des épreuves de la vie corporelle. »
  « 169. Le nombre des incarnations est-il le même pour tous les Esprits ? « « Non ; celui qui avance vite s'épargne des épreuves. Toutefois, ces incarnations successives sont toujours très nombreuses, car le progrès est presque infini. »
    « 170. Que devient l'Esprit après sa dernière incarnation ? » « Esprit bienheureux ; il est pur Esprit. »
    «171. Sur quoi est fondé le dogme de la réincarnation ? » « Sur la justice de Dieu et la révélation, car nous vous le répétons sans cesse : Un bon père laisse toujours à ses enfants une porte ouverte au repentir. La raison ne te dit-elle pas qu'il serait injuste de priver sans retour du bonheur éternel tous ceux de qui il n'a pas dépendu de s'améliorer ? Est-ce que tous les hommes ne sont pas les enfants de Dieu ? Ce n'est que parmi les hommes égoïstes qu'on trouve l'iniquité, la haine implacable et les châtiments sans rémission. »

   Pour Kardec, l'âme et l'esprit sont confondues. Cela le mène à toutes sortes de contradictions, de conjectures et d'inepties.

 

   La note en bas de la page 96 est affligeante : « Selon les Esprits, de tous les globes qui composent notre système planétaire, la Terre est un de ceux dont les habitants sont le moins avancés physiquement et moralement ; Mars lui serait encore inférieur et Jupiter de beaucoup supérieur à tous égards. Le Soleil ne serait point un monde habité par des êtres corporels, mais un lieu de rendez-vous des Esprits supérieurs, qui de là rayonnent par la pensée vers les autres mondes qu'ils dirigent par l'entremise d'Esprits moins élevés auxquels ils se transmettent par l'intermédiaire du fluide universel. Comme constitution physique, le soleil serait un foyer d'électricité. Tous les soleils sembleraient être dans une position identique.
    Le volume et l'éloignement du soleil n'ont aucun rapport nécessaire avec le degré d'avancement des mondes, puisqu'il paraîtrait que Vénus serait plus avancée que la Terre, et Saturne moins que Jupiter.
    Plusieurs Esprits qui ont animé des personnes connues sur la terre ont dit être réincarnés dans Jupiter, l'un des mondes les plus voisins de la perfection, et l'on a pu s'étonner de voir, dans ce globe si avancé, des hommes que l'opinion ne plaçait pas ici-bas sur la même ligne. Cela n'a rien qui doive surprendre, si l'on considère que certains Esprits habitant cette planète ont pu être envoyés sur la terre pour y remplir une mission qui, à nos yeux, ne les plaçait pas au premier rang ; secondement, qu'entre leur existence terrestre et celle dans Jupiter, ils ont pu en avoir d'intermédiaires dans lesquelles ils se sont améliorés ; troisièmement, enfin, que dans ce monde, comme dans le nôtre, il y a différents degrés de développement, et qu'entre ces degrés il peut y avoir la distance qui sépare chez nous le sauvage de l'homme civilisé. Ainsi, de ce que l'on habite Jupiter, il ne s'ensuit pas que l'on soit au niveau des êtres les plus avancés, pas plus qu'on n'est au niveau d'un savant de l'Institut, parce qu'on habite Paris. »

 

   « 191. Les âmes de nos sauvages sont-elles des âmes à l'état d'enfance ? » « Enfance relative ; mais ce sont des âmes déjà développées ; ils ont des passions. »
« Les passions sont donc un signe de développement ? » « De développement, oui, mais non de perfection ; elles sont un signe d'activité et de la conscience du moi ; tandis que dans l'âme primitive l'intelligence et la vie sont à l'état de germe. »

   On constate de par ce raisonnement, que la réponse formulée par les soi-disants esprits reflète fortement les modes de pensées de la classe bourgeoise du XIXè siècle.

 

   De mieux en mieux : « 197. L'Esprit d'un enfant mort en bas âge est-il aussi avancé que celui
de l'adulte ? » « Quelquefois beaucoup plus, car il peut avoir beaucoup plus vécu et avoir plus d'expérience, si surtout il a progressé. »
« L'Esprit d'un enfant peut ainsi être plus avancé que celui de son père ? » « Cela est très fréquent ; ne le voyez-vous pas souvent vous-mêmes
sur la terre ? »

 

   « 275. La puissance et la considération dont un homme a joui sur la terre lui donnent-elles une suprématie dans le monde des Esprits ? » « Non ; car les petits seront élevés et les grands abaissés. Lis les psaumes. »
    « Comment devons-nous entendre cette élévation et cet abaissement ? » « Ne sais-tu pas que les Esprits sont de différents ordres selon leur mérite ? Eh bien ! le plus grand de la terre peut être au dernier rang parmi les Esprits, tandis que son serviteur sera au premier. Comprends-tu cela ? Jésus n'a-t-il pas dit : Quiconque s'abaisse sera élevé, et quiconque s'élève sera abaissé ? » 

   Il s'appuie encore sur le dogme chrétien et l'enseignement de Jésus pour légitimer la doctrine spirite alors même que le concept de réincarnation y est totalement étranger. 

 

    « 635. Les différentes positions sociales créent des besoins nouveaux qui ne sont pas les mêmes pour tous les hommes. La loi naturelle paraîtrait ainsi n'être pas une règle uniforme ? »  « Ces différentes positions sont dans la nature et selon la loi du progrès. Cela n'empêche pas l'unité de la loi naturelle qui s'applique à tout. »

      « 781. Est-il donné à l'homme de pouvoir arrêter la marche du progrès ? » « Non, mais de l'entraver quelquefois. »
  «Que penser des hommes qui tentent d'arrêter la marche du progrès et de faire rétrograder l'humanité ? »  « Pauvres êtres que Dieu châtiera ; ils seront renversés par le torrent qu'ils veulent arrêter. »

     « 787. N'y a-t-il pas des races rebelles au progrès par leur nature ? »  « Oui, mais celles-là s'anéantissent chaque jour, corporellement. »
    « Quel sera le sort à venir des âmes qui animent ces races ? » « Elles arriveront comme toutes les autres à la perfection en passant par d'autres existences ; Dieu ne déshérite personne. »
  « Ainsi, les hommes les plus civilisés ont pu être sauvages et anthropophages ? » « Toi-même tu l'as été plus d'une fois avant d'être ce que tu es. »

   Vous entendez : « la loi du Progrès », un concept profondément libérale. Encore une contradiction qui ne peut pas passer inaperçue. La religion ne peut être dans le progrès car elle est dans la continuité et la tradition.

 

    « 798. Le spiritisme deviendra-t-il une croyance vulgaire, ou restera-t-il le partage de quelques personnes ? » « Certainement il deviendra une croyance vulgaire, et il marquera une nouvelle ère dans l'histoire de l'humanité, parce qu'il est dans la nature et que le temps est venu où il doit prendre rang parmi les connaissances humaines ; cependant il aura de grandes luttes à soutenir, plus encore contre l'intérêt que contre la conviction, car il ne faut pas se dissimuler qu'il y a des gens intéressés à le combattre, les uns par amour-propre, les autres pour des causes toutes matérielles ; mais les contradicteurs se trouvant de plus en plus isolés seront bien forcés de penser comme tout le monde, sous peine de se rendre ridicules. »

   De la  dialectique de bas étage...

 

 

   Pour conclure, on peut dire que ce livre, remplie de contradictions et d'omission, n'est que de la dialectique, qui plus est de très bas niveau. Comme nous l'avions souligné, le spiritisme, au XIXè siècle, était enseigné et pratiqué au sein de la haute société bourgeoise, déchristianisée et décadente.  Ainsi, Kardec ne s'adresse qu'à des individus, hommes et femmes, de la modernité c'est-à-dire matérialistes et donc athés. Il n'aurait pas pu convaincre un chrétien car ce dernier l'aurait qualifié de faux prophète, d'affabulateur, et de blasphémateur. A plusieurs reprises il cite Jésus, mais c'est uniquement dans le but de montrer du doigt les incrédules qui ne prennent pas au sérieux le spiritisme.

   En réalité, ce livre ne peut impresssionner que des gens impressionables. Ceux qui sont en quête de spiritualité devraient plutôt lire les Evangiles ou le Coran avant de s'aventurer dans ce genre de lecture. Car, en vérité, ce genre de croyances ont pour but d'éloigner les gens du vrai culte du Dieu Unique.

 

   A vrai dire, avant de lire ce livre, je m'attendais à quelque chose de plus élaborée et d'un niveau philosophique plus élevé. Tant mieux! Ce genre de doctrines, lorsqu'elles sont bien ficelées, sont dangereuses.

   le XIXè siècle ne manque pas de « prophètes » qui ont élaboré et véhiculé des croyances matérialistes ou spiritualistes ; des plus influents comme Marx et Darwin aux plus médiocres comme ce Kardec. L'émergence de toutes ces croyances et doctrines est liée a l'affaiblissement de la Foi et elles ont eu pour but de combler ce vide et ainsi remodeler les esprits pour créer un homme nouveau.

 

Partager cet article
Repost0